MÉDIATION : VERS UNE PROFESSIONNALISATION

Les États Généraux de la Médiation ont réuni à l'Assemblée Nationale à Paris plusieurs centaines de médiateurs venus de toute la France, pour une journée de travail d’une qualité remarquable. Des groupes de travail avaient élaboré des questionnaires soumis à un large public sur six  thèmes : Ethique et déontologie, Formation, Spécialité/spécialisation, Statut du médiateur, Communication, Désignation du médiateur. Des idées forces se sont dégagées de cette rencontre qui concernent aussi bien les entreprises, les administrations que les particuliers. En cas de conflit, le réflexe consiste à songer immédiatement à aller devant un tribunal et réclamer son bon droit. Au contraire, la médiation pousse au dialogue, à l’écoute de l’autre et à la remise en cause de soi. Cependant,  la médiation ne peut se développer que si  les personnes ont confiance dans ce type de démarche et cette confiance ne peut exister sans la garantie de la qualité des médiations et donc de la compétence des médiateurs.
  • Évidemment une telle professionnalisation appelle des questions multiples et des réponses qui sont tout aussi nombreuses et parfois contradictoires :
  • Doit-on obliger un médiateur à prêter serment et si oui  auprès de qui ?
  • Le recours à une médiation doit-il être obligatoire ?
  • Doit- on autoriser le médiateur à donner un avis (actuellement le médiateur de la consommation le doit, les autres médiateurs ne le devraient pas)
  • Quelle doit être la place des experts en médiation ?
  • Jusqu’où doivent aller les obligations en matière de formation, de contrôle des médiateurs, de leur statut, de leur exercice,  de leur référencement ?
  • Sachant que le médiateur est avant tout un spécialiste de la communication, faut-il délivrer des certifications, des labellisations, selon les matières traitées etc.. etc..
Il est clair pour tous que la médiation nécessite des compétences et une véritable formation. Il y a donc une nécessité immédiate de régulation, de contrôle de la pratique et de se donner une instance de représentation, tel qu’un Conseil National de la Médiation, qui pourrait être de forme fédérative, mais qui soit claire et unifiée et qui s’appuierait sur les associations existantes.  Cf. la synthèse sous ce lien La plus grande avancée consistera à parler d’une seule voix avec tous les moyens de communication à disposition. Et sans transiger sur la qualité, sans mettre en avant les différences, tous les acteurs des MARD « les modes amiables de règlement des différents » (médiation, conciliation, arbitrage, procédure participative…) doivent participer ensemble au développement d’une véritable culture de la médiation. Dans cet esprit et pour l’heure, notre association de médiation qui comporte son Centre de médiation avec des médiateurs formés et compétents, qui peuvent, sur le terrain et sur place, patiemment, jour après jour, former, expliquer, diffuser l’esprit de médiation, fournir des médiations de qualité, a toute sa place et trouve sa pleine et entière justification.  

Marie Hélène DIGUE-SEILER Présidente de l’ASM et du Centre Rhénan de Médiation